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En travaillant sur le projet Unknown Cities, Malka Spigel,
Robin Rimbaud et Colin Newman ont déterré une histoire
enfouie de Strasbourg, laquelle est devenue le point
focal leur permettant d’articuler tout le projet.
L’histoire est la suivante : en 1418, une femme se mit à
danser spontanément dans les rues de Strasbourg ; elle
fut suivie par d’autres personnes qui se mirent à danser
avec elle. Cette réelle perturbation d’un espace public
que la structure de la ville – et singulièrement son patrimoine
architectural – permet d’imaginer facilement
aujourd’hui, dura 60 jours, fit son lot de victimes par
épuisement et le fait est (peu) connu sous le titre de
« peste de la danse ».
Malka, Robin et Colin eurent l’idée de demander à une
danseuse de venir faire référence à ce fait en improvisant
une chorégraphie aux allures spontanées dans une
dizaine de lieux de la ville que nous savions habités par
des histoires enfouies collectées. Une captation systématique
de ces moments de grâce fut faite et c’est cette série
de perturbations poétiques de l’espace urbain qui vient
se poser sur les volumes et surfaces du quartier de La
Laiterie, l’installant pour la durée du festival comme un
centre névralgique d’une ville de Strasbourg à laquelle la
manifestation est dédiée.
Posant, dans une logique d’urbanisme augmenté, des
paysages urbains les uns sur les autres, cette action interroge
également la représentation globale que nous avons
de la ville que nous habitons lorsque nous sommes situés
en l’un de ses lieux.
Enfin, cette action vient évidemment s’articuler avec un
sujet central pour notre Ososphère : la question de la
danse telle que nous la pratiquons spontanément en de
telles occasions et plus généralement de la conscience du
mouvement du corps dans un espace urbain familier.
PS : cette histoire semble connaître depuis quelques mois
une nouvelle actualité et un ouvrage en langue anglaise
vient de paraître qui lui est consacré par l’historien
John Waller.
PRISE DE VUE : GREGORY RODRIGUEZ
DANSE : MARION CENKI |