Construire un concept inédit d’événement qui, à partir de ce qui se joue sur l’instant, se plaît à envisager présent et avenir « en situation ». Construire une programmation qui mixe les disciplines et propose un point de vue sur des expressions artistiques en constant renouvellement. Construire un récit de l’époque en temps réel, qui explore notamment les nouveaux modes de création artistique, les reformulations du rapport au spectacle et à l’émotion. Construire un terrain d’expression pour les arts qui intègrent les enjeux liés aux nouvelles technologies, aux matières et matériaux électroniques et numériques.
Construire le décor de cet objet culturel qu’est l’Ososphère à partir de celui qui nous est offert par le site de La Laiterie, espace urbain singulier, ici interpellé pour être placé au coeur de l’événement. Construire en jouant avec ses espaces, ses volumes, ses perspectives, ses circulations, ses passés et présents, sa fréquentation pour qu’il porte l’expérience proposée aux publics de l’Ososphère. Construire l’idée que les murs conserveront, dans leur « mémoire neuve », une trace des passages des publics (artistes et spectateurs) qui y sont passés et des émotions qu’ils y ont fait émerger.
Construire une Rocaille, une Galerie, un Delta, un Dôme, un Môle, une Abysse, un Point de Vue ; reconstruire la rue pour qu’elle devienne agora, espace de circulation et de rencontre voire de frottements — mais aussi de contemplations ou de voyages intérieurs… construire ainsi le contexte dans lequel s’inventeront, deux nuits durant, acteurs et spectateurs de la manifestation.
Construire une bulle plus intercalée que décalée, qui participe de la vie de la cité et intègre ses présents, ses passés et ses devenirs ; construire un temps singulier qui fasse vibrer la ville et interpelle ses habitants mais également les voyageurs, les visiteurs, voire ses spectateurs distants qui se connectent à l’Ososphère via le net. Construire des complicités avec d’autres institutions culturelles de la ville et construire des réseaux avec d’autres lieux, d’autres événements, ailleurs, avec lesquels nous inventons d’autres transversalités.
Et surtout, avec ceux qui — artistes, acteurs et spectateurs — les auront vécues, construire la mémoire, renouvelée et partagée, de ces heures singulières.
L’Ososphère must be built.